L'origine du projet remonte à l'Union soviétique. Le système de rendez-vous « Kours » a été conçu au milieu des années 1980 et, selon InVenture, il a permis de réaliser plus de trois cents amarrages de vaisseaux « Soyouz » et « Progress » avec la station orbitale « Mir » et avec l'ISS. La société NPK « Kours » joue un rôle clé dans son développement. C'est cet héritage que Kurs Orbital veut transformer en produit commercial. Selon Oussov, cité par InVenture, le principal avantage est que les nouveaux acteurs n'ont pas besoin de dépenser des milliards pour créer un système d'amarrage à partir de zéro.
Oussov est lui-même originaire d'Odessa. Il est diplômé de l'Université nationale maritime d'Odessa, a créé plusieurs start-up avant d'entrer dans la fonction publique et, de janvier à novembre 2020, selon InVenture, a dirigé l'Agence spatiale nationale d'Ukraine. Il est membre de l'Académie internationale d'astronautique et vit à Turin, où travaille l'essentiel de l'équipe. Kurs Orbital a été lancé en 2021, et une entité juridique italienne de la société a ensuite vu le jour à Turin.
Le tour d'amorçage s'est élevé à 3,7 M€, soit 4 M$. L'équipe compte aujourd'hui onze personnes. Le produit de la société s'appelle ARCap, et InVenture indique que le premier module ARCap doit être envoyé dans l'espace en 2025. C'est précisément sur ce produit que sont orientés les fonds des investisseurs.
Le tour a été mené par le fonds OTB Ventures, représenté par le partenaire Wojtek Walniczek. Y ont participé les fonds Credo et Inovo, ainsi qu'In-Q-Tel, structure de capital-risque liée à la communauté du renseignement américain. Galaxia a agi conjointement avec CDP VC, la branche de capital-risque du groupe financier public italien Cassa Depositi e Prestiti, et avec Obloo. Un autre participant, PiemonteNext, est intervenu aux côtés de CDP VC et de Finpiemonte, structure financière régionale du Piémont. La combinaison de capitaux privés et publics est typique du modèle italien de soutien aux start-up dans les secteurs de pointe.
Crimée, guerre et délocalisation
Le parcours de l'entreprise ne peut être décrit sans la politique. En 2014, après l'annexion de la Crimée, les livraisons de « Kours » vers la Russie ont cessé. L'équipe a commencé à chercher de nouveaux produits en s'appuyant sur la même base technique. Le coup suivant est venu en février 2022, avec le début de l'invasion à grande échelle de la Russie. Les investisseurs se sont retirés du projet et le bureau de la société s'est installé à Turin. Les développements, eux, sont restés à Kiev.
Le projet a néanmoins continué à gagner en reconnaissance. Le 4 janvier 2022, une demande de brevet ukrainienne a été déposée, et le 3 janvier 2023, une demande internationale selon la procédure PCT, qui ouvre la voie à un brevetage dans plusieurs pays. Le 8 novembre 2022, Kurs Orbital a pris la première place au Start Cup Piemonte VdA 2022, concours régional de start-up du Piémont et de la Vallée d'Aoste. Le prix s'élevait à 10 000 € et à la récompense Jacobacci Silver. De janvier à mars 2023, l'équipe a suivi le Saudi Space Commission Pre-Accelerator, programme de la Commission saoudienne de l'espace mené avec Techstars. La même année 2023, la société a participé au Seraphim Space Camp.
Un calendrier qui a glissé
L'attention des médias spécialisés pour le projet allait croissant. Space.com et Via Satellite ont publié des articles sur Kurs Orbital en 2023, tous deux signés Teresa Pultarova. Le calendrier du vol, lui, a changé. En novembre 2022, dans un entretien à AstroSpace, le bureau indiquait qu'ARCap était prêt à 50–60 % et que la mission était prévue pour 2024. Désormais, selon InVenture, le premier module doit partir dans l'espace en 2025. Un an d'écart pour du matériel spatial est presque imperceptible, mais pour les investisseurs, cela signifie des dépenses supplémentaires de développement, et pour l'équipe de onze personnes, ce nouveau délai est devenu le principal repère des prochains mois.
1




