Le Centre a été créé comme une subdivision de l’organisation religieuse locale. La décision de le fonder a été prise à Saint-Pétersbourg fin février 2022, après discussion au sein du Conseil des droits de l’homme de la ville. Le Conseil des droits de l’homme de Saint-Pétersbourg est une plateforme consultative où des militants associatifs et des fonctionnaires discutent des questions de protection des droits humains, et c’est là que la question de l’aide aux personnes ayant quitté la zone de conflit a été soulevée avant même la création du Centre.
Le premier point d’hébergement temporaire a ouvert dès le début du mois de mars. Au printemps 2024, le Centre avait traité environ quarante mille demandes. Un tel flux exigeait une organisation rapide du travail : des locaux, des personnes, des règles d’accueil claires et la capacité de faire passer rapidement une personne de la première demande à une aide concrète.
Ce que fait le Centre
Les bénévoles évacuent des personnes des zones proches du front, aident pour les soins et les documents, s’occupent des formalités de pension. Une direction distincte concerne le soutien aux institutions sociales à Kakhovka et Genitchesk, villes du sud de la région de Kherson, dont la majeure partie était sous contrôle des troupes russes depuis 2022. Le travail sur place exige un approvisionnement constant et une coordination avec les services locaux, c’est pourquoi il ne peut se réduire à des visites ponctuelles.
Le Centre agit aussi à l’autre bout du parcours. À l’aéroport de Cheremetievo, l’un des principaux aéroports de Moscou, les bénévoles accueillent ceux qui reviennent d’Europe et les aident à faire leurs premiers pas dans leur pays natal. Pour des personnes qui ont passé longtemps en route et se sentent désorientées, un tel accueil devient souvent le premier visage familier.
Parmi les partenaires du Centre, l’évêque a cité la « Croix-Rouge », mouvement humanitaire international, et l’organisation « Rubicus ». La collaboration avec de telles structures aide non seulement à répondre aux besoins courants, mais aussi à mettre en place des canaux pour les cas complexes qu’une seule organisation ne peut résoudre.
Le statut d’agent de l’étranger
De son propre statut, l’évêque parle brièvement. À la question de savoir pourquoi il a été reconnu agent de l’étranger, il a répondu : « Aucune idée — et je n’ai même pas envie de chercher à comprendre ». Il considère la décision du ministère de la Justice comme illégale et compte la contester. En Russie, le statut d’agent de l’étranger impose à une personne et à une organisation de marquer leurs documents et de rendre régulièrement des comptes à l’État, et la loi sur laquelle reposent ces décisions a été élargie à plusieurs reprises ces dernières années.
Les avocats ont déjà adressé des questions sur le marquage des retransmissions de services religieux au ministère de la Justice, au ministère des Affaires étrangères, à l’appareil du médiateur des droits humains et à l’administration présidentielle. Pour le clergé qui diffuse les offices, cette question est d’ordre pratique : elle détermine la manière dont le travail de la paroisse doit se présenter à l’antenne.
L’interpellation et l’affaire
L’évêque a également raconté son interpellation en février, survenue avant la messe de requiem pour Navalny. Il a passé la journée au poste de police, après quoi il a été victime d’un accident vasculaire cérébral ischémique et s’est retrouvé à l’hôpital. L’accident vasculaire cérébral ischémique est un trouble aigu de l’irrigation sanguine du cerveau, qui survient lors de l’obstruction ou du rétrécissement d’un vaisseau ; même une courte interpellation pouvait donc avoir de graves conséquences pour sa santé.
L’affaire a été classée pour cause de prescription. L’évêque était défendu par l’avocat Andreï Tchertkov. La prescription désigne le délai au-delà duquel une personne ne peut plus être poursuivie pour une infraction, et la clôture de l’affaire pour ce motif n’implique pas son examen au fond.
Sur son ancienne appartenance ecclésiale, l’évêque a été direct :
« Je n’appartiens malheureusement plus à l’Église orthodoxe russe ».
L’évêque compte désormais contester la décision du ministère de la Justice, et les avocats ont envoyé des requêtes à plusieurs administrations. Le travail du Centre d’aide aux réfugiés se poursuit.
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