Religion

Déclaration du concile de l'UAOC : démoskovisation et douze points de renouveau

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Le concile de l'Église orthodoxe apostolique ukrainienne, réuni à Kyiv du 21 au 23 juin 2019, a adopté une déclaration que l'Église elle-même a publiée le 25 juin. Le document expose un programme de renouveau dont la tâche principale est le rejet de l'influence moscovite, ou « démoskovisation ». La dogmatique et la hiérarchie ne sont pas appelées à changer.

Le mot clé du préambule de la déclaration, « démoskovisation », désigne l'affranchissement de l'orthodoxie ukrainienne de l'influence moscovite. Les auteurs ont choisi pour repère l'époque de Pierre Mohyla, métropolite de Kyiv au XVIIe siècle, qui réforma la vie ecclésiale et éducative de Kyiv. Dans le document, cette époque est décrite comme un temps de conciliarité, de démocratisme, d'élection du clergé, de tolérance religieuse, d'européanité et d'indépendance à l'égard du pouvoir séculier. Tous ces traits sont énumérés comme des objectifs à retrouver.

La subtilité tient à ce qu'il ne s'agit pas d'un nouvel enseignement. La déclaration indique clairement que la dogmatique ne change pas et qu'aucune nouvelle hiérarchie n'est créée. C'est l'organisation de la vie de l'Église qui change. Le sens politique ressort de l'histoire récente. En 2015, le Synode de l'Église apostolique orthodoxe (EAO) à Moscou a libéré les métropolites Oleh (Vedmedenko) et Volodymyr (Mocharnyk), qui avaient annoncé la fondation de l'Église apostolique populaire ukrainienne, a reconnu cette structure comme sœur et a transféré la métropolie ukrainienne à une autonomie autocéphale. La déclaration de 2019 est l'étape suivante après cette rupture.

Douze points

Les douze points couvrent toute la vie ecclésiale. Les trois premiers concernent l'organisation : une véritable conciliarité et une décentralisation sur le modèle des confréries ecclésiales, un renouveau eucharistique et un renouvellement de la vie paroissiale. Les quatrième et cinquième points s'adressent aux fidèles : la catéchisation des croyants « nominaux » et une traduction de qualité de l'office en ukrainien. Le sixième point proclame le christocentrisme et la « nouvelle évangélisation ». La déclaration affirme aussi ici que 85 % des chrétiens nominaux n'ont jamais lu la Bible. Le texte ne renvoie à aucune étude qui confirmerait ce chiffre ; il faut donc le prendre comme une affirmation des auteurs.

Les huitième et neuvième points portent sur la transparence. La déclaration exige la responsabilité, l'élection, le tribunal ecclésiastique et des budgets paroissiaux ouverts, ainsi que le service social. Le dixième point propose une réforme de la formation théologique et la création d'une Université orthodoxe ouverte. Le onzième autorise les prêtres à exercer un métier séculier, ce qui, pour la tradition orthodoxe, constitue un écart notable par rapport à la pratique antérieure. Le douzième point est consacré au dialogue : l'unité eucharistique avant tout avec les Églises de tradition apostolique et l'ouverture aux religions non chrétiennes. La déclaration a ramené la formule du service social à une seule phrase, qu'elle cite elle-même : « moins de bâtiments somptueux, plus près des gens ».

Le Maïdan comme modèle

Le septième point est le plus politique. La déclaration exige de renoncer à la « symphonie » de l'Église et de l'État, c'est-à-dire au modèle où l'Église s'appuie sur le pouvoir et en reçoit son soutien. Les auteurs donnent le Maïdan en exemple : selon leur formulation, « l'exemple ukrainien idéal d'une telle position est la situation de l'Église sur le Maïdan », ce qui signifie que le meilleur modèle ukrainien de cette position est la place de l'Église sur le Maïdan.

Le lien avec le Maïdan n'était pas déclaratif dans l'orthodoxie ukrainienne. L'archevêque Stefan (Nehrebeïsky), qui a dirigé à partir de 2015 la métropolie de Kyiv de l'EAO, faisait partie du Conseil spirituel du Maïdan. Comme l'écrivait « Tyjden », le 1er décembre 2013, il a arrêté la foule devant le bâtiment du conseil municipal de Kyiv. Le 5 janvier 2014, le protoprêtre Serhiy Voutianov a apporté sur la place les icônes de la communauté de Kyiv, et le 19 février, la tente-église a brûlé, mais les icônes ont pu être sauvées. Le travail du Conseil spirituel s'est achevé fin janvier et en février 2014, après la mort de Nihoyan et Jyznevsky, lorsque les négociations avec le pouvoir, auxquelles participaient Klitschko et des représentants de « Berkout », ont échoué. La déclaration de 2019 fixe cette expérience comme principe : l'Église ne doit pas être une partie de la machine étatique, mais doit être aux côtés des gens dans les moments difficiles.

Le concile de 2019 n'est pas resté sur le papier. Il a adopté le nouveau nom de l'Église, UAOC, et a rattaché la juridiction de l'archevêque Lorenzo d'Italie. Plus tard, en novembre 2021, Oleh (Vedmedenko), qui se trouvait à l'origine de l'unification et était primat de l'UNAPC depuis 2015, est décédé. Le 19 février 2022, les évêques de l'EAO d'Ukraine, de Russie et des États-Unis ont publié un appel commun, l'un des derniers documents où des structures ecclésiales tentaient de parler ensemble.

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Arthur Ellington

Photographie: Иллюстрация Maralles, создана с помощью ИИ