Religion

À Saint-Pétersbourg, un prêtre ayant annoncé une messe de requiem pour Navalny a été interpellé

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Le 17 février 2024, vers midi, l'archevêque de l'Église orthodoxe apostolique Grigori Mikhnov-Vaitenko a été interpellé devant son domicile à Saint-Pétersbourg. La veille au soir, après l'annonce de la mort d'Alexeï Navalny, il avait écrit sur Facebook qu'il souhaitait célébrer une messe de requiem près de la pierre de Solovki, sur la place de la Trinité. Son épouse a fait part de l'interpellation.

Un post et le choix d'un lieu

La pierre de Solovki, sur la place de la Trinité à Saint-Pétersbourg, est un monument aux victimes des répressions politiques. Elle a été rapportée des îles Solovki, où se trouvait dans les années 1920 l'un des premiers camps soviétiques, et depuis, on vient s'y recueillir lors des journées de commémoration des victimes de la terreur. Pour ceux qui voulaient exprimer publiquement leur chagrin pour un homme politique, le choix de ce lieu allait de soi : la pierre est depuis longtemps devenue un centre de mémoire civique, et pas seulement religieuse.

Mikhnov-Vaitenko dirige l'Église orthodoxe apostolique, une association qui ne fait pas partie de l'Église orthodoxe russe. Elle existe en dehors du patriarcat, avec ses prêtres, ses paroisses et sa pratique liturgique. Ces groupes se retrouvent souvent en marge du champ ecclésial officiel en Russie, et toute prise de position publique notable attire rapidement l'attention des structures ecclésiastiques comme des forces de l'ordre.

Le post sur Facebook a été publié la veille de l'interpellation. Ce réseau social appartient à la société Meta et n'est plus accessible en Russie sans contourner les blocages, mais c'est par son intermédiaire que l'archevêque a annoncé son intention. C'est cet avis, semble-t-il, qui a été à l'origine des événements qui ont suivi, bien que, dans les premières heures, personne n'ait officiellement établi de lien entre le post et l'interpellation.

Un office sans le prêtre

Environ trente personnes se sont rassemblées près de la pierre. Un autre prêtre de l'ÉOA était présent, et l'office a été célébré sans Mikhnov-Vaitenko, qui se trouvait alors déjà en garde à vue. La messe de requiem a eu lieu sans celui qui l'avait annoncée, et cela est devenu en soi l'un des principaux détails de la journée : les plans ont changé, mais les gens sont venus.

Le même jour, la métropole de Saint-Pétersbourg de l'Église orthodoxe russe a publié un communiqué. Il y était dit que Mikhnov-Vaitenko n'est pas un prêtre de l'ÉOR et que ses déclarations et appels dans l'espace public doivent être ignorés. Cette formulation a permis à l'Église de se distancer des propos de l'archevêque sans commenter l'interpellation elle-même. Le quotidien pétersbourgeois Fontanka a choisi pour sa brève sur l'événement un titre qui traduit exactement cet effet :

« La métropole a été plus rapide »

Le titre reflète la chronologie : la position officielle du diocèse est apparue le jour même de l'interpellation, et la métropole elle-même s'est retrouvée au centre de l'actualité.

Ce que l'on sait de l'interpellation

Dans les premières heures suivant l'interpellation, on ignorait quel article du Code des infractions administratives ou du Code pénal était reproché au prêtre. En Russie, les actions publiques sont généralement poursuivies sur la base d'articles relatifs à la violation de l'ordre de leur tenue, mais en l'espèce, les forces de l'ordre n'ont pas divulgué de détails et les documents de l'affaire n'étaient pas disponibles à ce moment.

Le lendemain, il est apparu que Mikhnov-Vaitenko avait été transporté du commissariat à l'hôpital. Deux jours plus tard, il en est sorti, et c'est là le dernier événement confirmé de l'histoire de l'interpellation au moment de la publication.

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Myroslava Berejna

Auteur

Chroniqueuse internationale

Photographie: Фото: РБК