Religion

Le prêtre arrêté avant la panikhida hospitalisé pour suspicion d'AVC

Par · · 5 min de lecture

L'archevêque de l'Église orthodoxe apostolique Grigori Mikhnov-Vaitenko a été hospitalisé depuis le commissariat de police n° 43 de Saint-Pétersbourg pour suspicion d'AVC. Son avocat a appelé une ambulance. Le député de l'Assemblée législative de Saint-Pétersbourg (Iabloko) Boris Vichnevski a été le premier à en faire état sur Facebook le 18 février 2024.

L'arrestation s'est produite sur fond d'événements qui se déroulaient alors dans tout le pays. Le Service fédéral de l'exécution des peines a annoncé la mort d'Alexeï Navalny le 16 février 2024, et les jours suivants, des gens ont déposé des fleurs aux monuments et se sont rassemblés dans des lieux de mémoire. Ces rassemblements, même petits et silencieux, se terminaient souvent par des arrestations, et les autorités les considéraient comme des manifestations non autorisées.

Le prétexte de l'arrestation de Grigori Mikhnov-Vaitenko a été la panikhida qu'il avait annoncée pour Navalny. L'épouse du prêtre, Natalia Sivokhina, a indiqué qu'il lui était reproché d'avoir organisé une manifestation non autorisée. Le corps de Navalny n'avait pas encore été remis à sa famille à ce moment-là, de sorte que la panikhida est devenue la seule commémoration publique annoncée par le prêtre.

Le journal « Kommersant » a indiqué par erreur dans son article que le prêtre avait été arrêté le 16 février. En réalité, il a été arrêté dans l'après-midi du 17 février, et c'est cette date qui est vérifiée. L'erreur ne change pas la substance des faits, mais la précision importe pour la chronique des événements.

La panikhida, ou service funèbre, dans la tradition orthodoxe est célébrée pour un défunt et n'exige des participants aucune démarche formelle, hormis la prière. Cependant, dans la pratique répressive russe, l'organisation d'un rassemblement public sans notification aux autorités est considérée comme une infraction administrative. Ces affaires sont généralement instruites en vertu de l'article 20.2.2 du Code des infractions administratives, qui porte sur la violation de l'ordre d'organisation et de tenue de manifestations de masse.

À quelle Église appartient-il

L'appartenance ecclésiale du prêtre est devenue un point important des publications. « Kommersant » a rappelé séparément que l'Église orthodoxe apostolique n'a aucun lien avec l'Église orthodoxe russe. Il s'agit d'une structure religieuse indépendante, qui existe séparément du Patriarcat de Moscou et n'en fait pas partie, et dont le clergé n'est donc pas soumis aux décisions de l'ÉOR.

La métropole de Saint-Pétersbourg de l'ÉOR a publié une déclaration appelant à ignorer les propos du prêtre. Comme l'Église apostolique ne relève pas de sa juridiction, cet appel s'adressait avant tout aux fidèles et à ceux qui suivaient les déclarations publiques de Mikhnov-Vaitenko. Les publications de l'époque notaient que la mise en garde de la métropole ne faisait que souligner la différence entre les deux structures.

État de santé

Le soir du 18 février, Boris Vichnevski a publié sur Facebook un message annonçant l'hospitalisation du prêtre. Le texte était court et sans ambiguïté :

« Grigori Mikhnov-Vaitenko a été hospitalisé pour un AVC ».

Vichnevski a été ce jour-là l'un des premiers à signaler les faits. Les réseaux sociaux étant alors restreints en Russie, les publications du député et les reprises dans les médias sont devenues le principal canal d'information sur le prêtre arrêté.

Le message sur l'hospitalisation faisait état d'une suspicion d'AVC, et non d'un diagnostic confirmé. C'est cette formulation qui est confirmée par vérification et doit être conservée dans les articles. L'avocat du prêtre a appelé une ambulance directement depuis le commissariat, et l'équipe médicale a transporté Mikhnov-Vaitenko à l'hôpital.

L'épouse du prêtre, Natalia Sivokhina, a évoqué dans ses commentaires avant tout l'accusation portée contre son mari. L'accusation d'organisation d'une manifestation non autorisée reste pour l'heure une accusation et non un jugement, c'est pourquoi il n'est nullement question de culpabilité dans cet article.

Le corps d'Alexeï Navalny n'avait pas encore été remis à sa famille au moment de l'arrestation du prêtre, et la panikhida annoncée n'a finalement pas été célébrée dans le format prévu. Ces faits sont consignés dans les messages sur lesquels s'appuie cet article, et c'est là que s'arrête la partie vérifiée de la chronique.

1Vues

Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international