Le binder jetting, ou impression par jet de liant, fonctionne différemment de l'impression plastique à laquelle beaucoup sont habitués. La machine ne fait pas fondre le matériau : elle dépose un liant liquide sur une fine couche de poudre, et là où le liant pénètre, les particules s'agglomèrent. Couche après couche, on obtient une pièce volumique, tandis que la poudre non imprimée reste dans la chambre et soutient la pièce. Pour la céramique, cette approche est intéressante car la production traditionnelle de vaisselle repose sur des moules et la coulée.
Ce que sait faire l'imprimante
Selon 3DPrint, les caractéristiques de la Ceramo One correspondent à celles annoncées par Kwambio en décembre : une résolution de 20 microns, une vitesse d'impression de 160 mm par seconde, une taille maximale de pièce de 35 sur 35 sur 38 centimètres. L'argument principal de l'entreprise concerne le temps. L'imprimante produit une tasse en deux à trois heures, alors que la coulée en moule prend environ dix jours. Le coût de production s'élève à huit cents par centimètre carré, et la précommande de la machine est fixée à 25 000 dollars.
Interrogé par le média, Vlad Usov a résumé ainsi le principal avantage :
« Désormais, une tasse peut être imprimée en seulement 2-3 heures ! »
C'est précisément cet écart entre deux-trois heures et dix jours qui constitue l'argument central de l'article. Pour les fabricants de vaisselle et de souvenirs, la réduction du cycle de plusieurs semaines à quelques heures change le calcul des séries : les petits tirages cessent d'exiger un outillage coûteux.
L'usine d'Odessa et le chemin vers les financements
La Ceramo One n'apparaît pas de nulle part. En 2017, Kwambio a imprimé plus de dix mille objets pour des clients aux États-Unis et en Europe. L'usine d'Odessa produit jusqu'à mille pièces par mois et propose plus de cent variantes de glaçure : brillantes, mates et opaques. La production reste à Odessa, et c'est elle qui sert de vitrine aux futurs clients de l'imprimante.
Le projet s'est développé grâce à des investisseurs. L'usine a été soutenue par des business angels et par Techstars, et en octobre 2017, l'entreprise a obtenu 500 000 dollars supplémentaires d'Empire State Capital Partners et d'Impulse VC. Le début de cette histoire remonte à la promotion d'été 2015 de Techstars Boston, qui comptait 12 équipes. À l'époque, le programme avait investi 650 000 dollars avec les angels. La même promotion accueillait une seconde équipe ukrainienne, GV Machines, d'Egor Anchishkin.
Le parcours d'Usov vers l'impression 3D n'a pas commencé par la céramique. Les Aventures de Sherlock Holmes pour iPad, publiées par la maison d'édition Gutenbergz le 2 décembre 2012, ont coûté environ 25 000 dollars et sont sorties un an après la date prévue. Selon les données d'AIN publiées en mars 2013, 70 % des ventes étaient réalisées aux États-Unis. En 2013, Usov a vu pour la première fois une imprimante 3D lors d'une exposition à New York. Quelques années plus tard, le même ordre de budget, 25 000 dollars, réapparaît sous la forme du prix de précommande d'une machine industrielle.
CES 2018 et la différence avec le prototype de 2015
Le CES, plus grand salon mondial de la technologie grand public, se tenait à Las Vegas du 9 au 12 janvier 2018. Le stand de l'entreprise portait le numéro 51545. Pour Kwambio, c'était l'occasion de présenter la Ceramo One à un large public avant le début des ventes.
Entre la Ceramo One et le prototype de 2015, la différence est notable. L'UNIQUE One était une imprimante domestique en plastique qui devait coûter moins de mille dollars. La Ceramo One travaille avec de la poudre céramique et coûte 25 000 dollars en précommande : elle s'adresse donc à un acheteur industriel, non à un utilisateur particulier.
La précommande de la Ceramo One à 25 000 dollars ouvre fin janvier 2018, après la clôture du salon de Las Vegas.
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