Religion

Un prêtre victime d'un AVC, évacué d'un commissariat après une messe en mémoire de Navalny

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Le soir du 16 février 2024, le militant des droits humains et archevêque de l'Église orthodoxe apostolique Grigori Mikhonov-Vaïtenko a annoncé sur Facebook une messe en mémoire d'Alexeï Navalny près de la pierre de Solovki. Le matin du 17 février, il a été interpellé à son domicile et, vingt-quatre heures plus tard, selon Meduza, il a été transporté à l'hôpital, victime d'un AVC, depuis le commissariat de police n° 43.

La mort d'Alexeï Navalny le 16 février 2024 dans une colonie pénitentiaire de Iamalie a donné lieu à des commémorations dans tout le pays. Les gens ont déposé des fleurs aux monuments dédiés aux victimes des répressions politiques, et le lieu de rassemblement le plus connu à Moscou reste la pierre de Solovki, sur la place Loubianka. Cette pierre a été érigée en mémoire de ceux qui ont été tués ou emprisonnés pour des motifs politiques, et c'est pourquoi elle est choisie pour des messes communes et des actions silencieuses.

La messe et son organisateur

Grigori Mikhonov-Vaïtenko est connu comme militant des droits humains et archevêque de l'Église orthodoxe apostolique. Cette communauté n'est pas reconnue par les Églises orthodoxes canoniques, et son clergé se retrouve régulièrement en marge de la vie ecclésiale officielle. Le soir du 16 février, il a annoncé sur Facebook une messe en mémoire de Navalny près de la pierre de Solovki. Selon Boumaga, c'est un autre prêtre de l'ÉOA, et non l'archevêque lui-même, qui a célébré l'office près de la pierre.

En Russie, de telles cérémonies se déroulent généralement sans autorisation des autorités, ce qui les rend vulnérables à des poursuites administratives. Dès le lendemain matin, le 17 février, Mikhonov-Vaïtenko a été interpellé à son domicile.

Procès-verbal, commissariat et hôpital

Selon OVD-Info, un projet indépendant qui recense les interpellations lors des actions de protestation, un procès-verbal a été dressé contre le prêtre pour organisation d'une manifestation non autorisée. Ces affaires sont généralement instruites en vertu de l'article 20.2.2 du Code des infractions administratives, qui prévoit des sanctions pour violation de l'ordre d'organisation ou de tenue de manifestations publiques. Le détenu devait être maintenu au commissariat jusqu'à son procès, fixé au 19 février.

Son état s'est dégradé alors qu'il se trouvait déjà au commissariat. Son avocat a appelé une ambulance. L'AVC a été signalé par le député Boris Vichnevski. Meduza a écrit que Mikhonov-Vaïtenko avait été transporté à l'hôpital depuis le commissariat de police n° 43, et a établi un lien avec les événements du lendemain de son interpellation.

L'affaire a dépassé le cadre d'un seul prêtre. Les interpellations lors des actions en mémoire de Navalny se sont produites ces jours-là dans différentes villes, et certaines histoires n'ont été rendues publiques que grâce au travail de projets et de médias indépendants qui collectaient des données dans les régions. Le simple fait de l'interpellation d'un religieux qui s'apprêtait à célébrer une messe est rapidement devenu une nouvelle à part entière.

L'ampleur des actions

Au matin du 18 février, selon les décomptes d'OVD-Info, plus de quatre cents personnes avaient été interpellées lors des actions en mémoire de Navalny dans 36 villes de Russie. C'est à Saint-Pétersbourg que l'on a compté le plus d'interpellations. Les chiffres se composaient d'épisodes distincts : certains venaient déposer des fleurs au monument, d'autres restaient simplement debout en silence, et ce sont précisément ces gestes qui étaient le plus souvent qualifiés de violation de l'ordre de tenue de manifestations publiques.

L'audience dans l'affaire de Mikhonov-Vaïtenko devait se tenir le 19 février. En attendant, son état de santé est devenu le principal sujet autour de cette affaire.

Le 20 février, Meduza a annoncé que Mikhonov-Vaïtenko était sorti de l'hôpital.

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Kirill Ierchov