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Mass conseille à Tchernovetski d'aller sur Internet

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À la veille du premier Forum ukrainien des acteurs d'Internet, prévu le 1er avril 2009, Alexeï Mass a accordé une interview dont AdReport a tiré une note séparée, « Tchernovetski invité sur Internet ». Mass a conseillé au maire de Kiev de prêter davantage attention au réseau, comme le fait Arseni Iatseniouk, et d'adopter les outils du Web 2.0.

Le conseil s'adresse au maire de Kiev, mais il ne repose pas sur une évaluation de la gestion municipale : il découle de l'observation de la manière dont Tchernovetski travaille avec le public. Mass expliquait sa logique par le caractère du politicien : « Tchernovetski utilise la stratégie des « océans bleus », et c'est en plus un très bon showman ».

Tchernovetski utilise la stratégie des « océans bleus », et c'est en plus un très bon showman.

La notion d'« océan bleu » désigne un marché où il n'y a pas de concurrents et où il n'est pas nécessaire de se frayer un chemin dans la lutte habituelle. Appliquée à Internet, la logique de Mass est la suivante : un politicien capable d'attirer l'attention peut obtenir une audience que les autres candidats et fonctionnaires n'ont pas encore atteinte. Comme modèle pour le maire, Mass a cité Arseni Iatseniouk, qui, selon lui, accorde une attention sérieuse au réseau.

Les réseaux sociaux qui se sont dissous

Le conseil à Tchernovetski n'était qu'un court fragment, mais le texte intégral de l'entretien va plus loin. Parlant des réseaux politiques, Mass a mentionné le projet de Ioulia Timochenko « Le Pays idéal ». Selon lui, ce réseau a été créé uniquement pour les élections et, après celles-ci, il s'est « dissous ». Mass lui-même fait partie d'un club virtuel de propriétaires et d'amateurs de voitures Dodge, c'est-à-dire qu'il participe à une communauté d'intérêts, non à une campagne politique.

Le Web 2.0 est le nom générique des sites dont le contenu est créé par les utilisateurs eux-mêmes : blogs, réseaux sociaux, forums, services de travail collaboratif. Contrairement aux pages statiques des premières années d'Internet, ces ressources reposent sur le retour d'information. Pour un politicien, cela signifie un dialogue direct avec les électeurs sans intermédiaires, et c'est précisément cet instrument que Mass conseillait au maire de Kiev d'adopter.

L'expérience de celui qui a bâti un réseau

Mass connaît le marché ukrainien d'Internet pour l'avoir pratiqué. En janvier 1999, avec Rouslan Dmitrakovitch, il a lancé le Réseau ukrainien de bannières (UBS). La première version a été écrite en Perl, le travail a pris trois semaines et les dépenses se sont élevées à environ 100 $. Dans une interview sur l'UBS publiée en mars 2008, Mass indiquait que le réseau affichait 36 millions d'impressions par jour.

Auparavant, le 7 mars 2000, il était devenu directeur du « Portail ukrainien » (UAPortal), fondé par un groupe de cofondateurs. En décembre 2004, pendant la Révolution orange, Mass commentait le rôle d'Internet dans les protestations. À l'époque, son projet Infostore était un site d'informations citoyennes. Il s'est ensuite transformé en service de partage de fichiers accessible via l'UA-IX. En août 2008, Mail.ua est entré en test fermé : Mass était l'architecte du service de messagerie, et l'investisseur était le groupe « Internet Invest », qui y a injecté plus d'un million de dollars.

La perquisition de décembre et ses suites

À l'automne 2008, la situation d'Infostore s'est brusquement compliquée. Les 4 et 5 décembre, des agents du ministère de l'Intérieur ont saisi les serveurs du projet : 18 serveurs, deux baies de stockage et un commutateur. La perquisition a duré 12 heures. L'accusation était représentée par Mikhaïl Andrienko, chef du département du ministère de l'Intérieur chargé de la lutte contre la traite des êtres humains. Le 10 décembre s'est tenue une conférence de presse de l'Association Internet d'Ukraine (InAU), et le 23 décembre est parue dans la presse une interview sous le titre « Infostor — non commercial ».

Dans ces conditions, le discours sur la manière dont les politiciens utilisent le réseau ne sonnait pas de façon abstraite pour Mass. Il parlait des gens qui travaillent sur Internet depuis les premières années de son développement commercial, et du fait que le réseau peut survivre aux campagnes, mais ne survit pas toujours aux projets de relations publiques créés pour les élections.

Le 1er avril 2009 s'est tenu à Kiev le premier Forum ukrainien des acteurs d'Internet, futur iForum. Il était programmé pour coïncider avec les dix ans de l'UBS, et l'interview de Mass, d'où est née la note sur Tchernovetski, a été l'un des documents qui ont ouvert la discussion sur l'avenir de l'Internet ukrainien.

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Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Photographie: Maralles