Du traitement bancaire aux projets internet
Le chemin de Mas vers l'internet a commencé en janvier 1999, lorsqu'avec Rouslan Dmitrakovitch il a lancé le réseau de bannières ukrainien. Le projet, écrit en Perl, a été assemblé en trois semaines environ pour un coût d'une centaine de dollars. En 2000, Mas est devenu l'un des développeurs et inspirateurs de, et le 7 mars de la même année, il a pris la tête du « Portail ukrainien ». Ensuite, son CV a mentionné « Webman », « », le moteur de recherche « Sova » et la « Carte de l'internet ukrainien ».
Avant l'internet, il y a eu une autre expérience. Mas est diplômé de la faculté de radio-physique de l'université de Kiev ; de 1993 à 1995, il a travaillé à l'Institut de recherche en systèmes d'information automatisés sur le système Tree, puis à la banque « Capital ukrainien ». De septembre 1997 à mars 2000, il a servi à la Banque nationale d'Ukraine, où il s'occupait du traitement des cartes Visa sous HP-UX. C'est précisément ce travail qu'il qualifie de tournant, le moment où il est passé des systèmes bancaires aux projets en ligne.
Infostore : un service de partage de fichiers avec des restrictions
Au printemps 2006, Infostore était devenu un service de partage de fichiers. En décembre 2004, pendant la révolution orange, c'était encore un site d'actualités citoyennes, mais en un an et demi, ses fonctions avaient changé. Le problème tenait à la géographie de l'accès : il était impossible de télécharger depuis l'étranger. Seuls les clients des fournisseurs d'accès connectés au point d'échange de trafic UA-IX, par lequel les opérateurs ukrainiens échangent leur trafic, pouvaient télécharger librement. Pour les utilisateurs en dehors de ce réseau, les fichiers restaient inaccessibles.
Les lecteurs d'ITUA demandaient ce qu'il adviendrait du projet. Mas a répondu qu'après Infostore, il préparait deux projets internationaux et estimait les chances de chacun à « environ 40 % ». Pour l'Ukraine, il envisageait une « reprise d'Infostore » et un moteur public de création de sites, c'est-à-dire un outil permettant à chacun de construire sa propre page sans l'aide d'un programmeur. L'interview ne dit pas dans quelle mesure ces plans ont été réalisés.
Cartes, appels et livre
Dans l'interview, Mas s'est aussi souvenu de son travail à la BNU. Le traitement des cartes Visa était une affaire délicate : lorsqu'une carte ne fonctionnait pas lors d'un voyage à l'étranger, les plus hauts responsables de l'État appelaient la banque. Selon Mas, Koutchma et Iouchtchenko appelaient précisément là. À la même époque, il écrivait un livre sur le business, et cette expérience, à en croire ses réponses, a influencé sa vision de la motivation et du travail.
À la question d'un lecteur sur la paresse et la productivité, Mas a répondu sans détour : « La paresse masque généralement une faible motivation. » Il envisageait l'internet dans un sens plus large, et cette idée est devenue la citation principale de l'interview :
« L'internet est ce moyen qui œuvre pour notre esprit et pour notre âme. »
Cette formulation reflétait bien la façon dont Mas comprenait lui-même son travail : le réseau était pour lui non seulement un marché, mais aussi un milieu de communication où naissent de nouvelles manières de travailler avec l'information.
Ce qui s'est passé ensuite
Deux ans et demi après l'interview, l'affaire Infostore a connu une suite qui n'apparaissait nullement dans les réponses aux questions des lecteurs. Les 4 et 5 décembre 2008, le ministère de l'Intérieur a saisi les serveurs d'Infostore : 18 serveurs, deux baies de stockage et un commutateur. La perquisition a duré 12 heures. Ces événements ont suscité un débat public, et le 10 décembre 2008 s'est tenue une conférence de presse de l'Association ukrainienne du business internet, où l'on a discuté de ce qui était arrivé au projet.
1




