Seize nouveaux ministres ont fait leur entrée dans le gouvernement Medvedev. Notamment, le chef de la direction principale du ministère de l'Intérieur pour Moscou, Vladimir Kolokoltsev, a été nommé à la tête du ministère de l'Intérieur. Le milliardaire et conseiller du président Mikhaïl Abyzov a été nommé à la tête du nouveau département — le ministère chargé des relations avec le gouvernement ouvert. Le politologue Stanislav Belkovski a discuté de la nouvelle composition du cabinet avec la présentatrice Margarita Polyanskaïa sur les ondes de Kommersant FM.
Interrogé sur les nominations les plus inattendues, Belkovski a répondu qu'il n'y avait pas de surprises : les candidatures avaient été discutées et la philosophie du gouvernement était claire. Selon lui, il s'agit d'une tentative de montrer à la partie active de la société russe, « aux citadins russes instruits qui sont descendus sur l'avenue Sakharov et la place Bolotnaïa », que leurs revendications ont été prises en compte dans une certaine mesure, que de jeunes technocrates sont arrivés et que les figures les plus odieuses, comme Nourgaliev, ont été limogées. Cependant, selon le politologue, il s'agit d'un « faux et d'un bluff », car la philosophie du gouvernement ne change pas. Il a cité comme principales fonctions du cabinet la gestion des flux financiers sans programme de réformes clair et sans création politique et économique.
Parlant de l'équilibre entre les hommes de Poutine et ceux de Medvedev, Belkovski l'a estimé à 60 % contre 40 % respectivement, tout en qualifiant cette évaluation de conventionnelle. Il a noté qu'il n'y a pas de différence idéologique entre Poutine et Medvedev, c'est pourquoi il existe un seul « Medvepout » ou « Poutomedved », et qu'il est inutile de se demander qui est l'homme de qui. En outre, des passages d'une équipe à l'autre sont possibles, et il existe des centres de pouvoir liés à des groupes financiers et industriels pour lesquels peu importe qui est le plus haut placé, pourvu que les fonctionnaires qui leur sont loyaux règlent leurs affaires. C'est pourquoi la formulation même de la question de l'équilibre lui semble superflue ; ce qui importe, c'est l'idéologie du gouvernement, et celle-ci, selon lui, ne diffère pas beaucoup de celle des cabinets précédents.
À propos de ceux qui ont quitté le cabinet — Nourgaliev, Golikova, Fourssenko —, Belkovski a déclaré qu'ils sont tous devenus des multimillionnaires en dollars, et qu'il ne s'inquiète donc pas de leur statut économique. Une partie importante trouvera des places dans l'administration présidentielle ou obtiendra une sinécure alternative. Du point de vue des intérêts de l'État et de la société, cela n'a pas d'importance, puisque « l'on a remplacé une aiguille par du savon » ; la partie active de la société ne doit pas se faire d'illusions. L'os jeté à la société, selon lui, est en plastique, pas véritable.
En conclusion de l'émission, la présentatrice a rappelé que Kommersant FM organise sur sa page Facebook un sondage : les auditeurs ont-ils aimé la composition du nouveau gouvernement.
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